Plateforme eSanté et Dossier de Soins Partagé : quand l’IT sauve des vies !

Yves Reding, CEO, EBRC
par M. Renotte 14/01/2019
Santé et Sciences de la vie
OSE - Opérateurs de Services Essentiels

Depuis plusieurs années, EBRC remporte régulièrement des awards consacrant son rôle dans le projet national de partage d'informations dans le domaine de la santé. La plate-forme eSanté qui en est le fruit héberge notamment le Dossier de Soins Partagé.

Une innovation rendue possible par une forte collaboration entre tous les acteurs de la santé


Ce succès résulte d'une étroite collaboration entre les secteurs public et privé et le savoir-faire acquis par les parties prenantes pourrait rapidement s'exporter en Europe. Nous avons fait le point sur la maturité du projet avec deux de ses acteurs, Yves Reding, CEO d'EBRC et Michel Ackerman, Business Consultant Healthcare.

Un acteur de confiance pour la digitalisation de soins de santé

"EBRC s'est vu décerner les awards "Best HealthCare Advisory Firm " dans les catégories "IT" et "Organisation & Operations" à l'occasion du Luxembourg Healthcare Summit 2014 ainsi que le "Best Cloud Services for the Public Sector Award" d'EuroCloud Luxembourg pour sa participation au projet eSanté", relate Yves Reding.

"Compte tenu de l'expérience acquise dans les secteurs de la banque, de la finance et de l'e-commerce, répondre aux exigences du secteur de la santé était un engagement logique pour EBRC, en ligne avec sa stratégie de centre d’excellence créateur de services à haute valeur ajoutée sur toute la chaîne de gestion de l’information sensible. A l'instar des matières financières, la santé est un sujet sensible. Qu'il s'agisse de l'IBBL ou du DSP, l'information doit être accessible à ceux qui en ont besoin et à eux seuls".

 

La création d'un dossier de soins partagé, brique après brique

L'un des principaux services fournis par la plate-forme nationale de services eSanté est en effet le Dossier de Soins Partagé (DSP), un dossier électronique d’échange et de partage de données de santé, entre et pour les professionnels de santé intervenant auprès du patient.

L'Integrated Biobank of Luxembourg (IBBL), est une biobanque indépendante, à but non lucratif, qui se consacre à l'amélioration des résultats de santé des patients en soutenant des normes élevées de recherche médicale. L’IBBL agit comme centre international d'excellence dans les biobanques, et contribue à accélérer l'introduction de la médecine personnalisée au Luxembourg.

"Le secteur de la santé est aujourd'hui stratégique pour EBRC", poursuit Yves Reding. "Notre objectif est de construire un écosystème complet dans ce domaine, et l'IBBL et le DSP en constituent les premières briques. Cet écosystème est cependant complexe : fédérer tous les intervenants - médecins, techniciens, biochimistes, spécialistes, etc. - dans l'intérêt du patient est un sérieux challenge. Le processus est lent et l'effort d'évangélisation auprès de l’ensemble des parties prenantes est conséquent. Les deux premières briques sont néanmoins posées et d'autres peuvent maintenant apporter leur pierre à l'édifice".

Synergies et interopérabilité à l'échelle européenne, nécessaires pour la mise en place d'un dossier de soins partagé

"De nouvelles briques peuvent être apportées par des sociétés tierces", intervient Michel Ackerman, Business Consultant Healthcare. "L'architecture permet d'intégrer d'autres acteurs et de valider d'autres solutions. Des synergies sont non seulement possibles mais grandement facilitées par les normes sur lesquelles s'appuie la plate-forme eSanté. Le logiciel de gestion de cabinet médical GECAMed développé par le CRP Henri Tudor a ainsi été intégré dès le départ, ainsi qu'un module epSOS".

Hervé Barge, Directeur Général de l'Agence eSanté, nous avait exposé en novembre dernier, à l'occasion d'une interview, que le Luxembourg avait rejoint en décembre 2012 le programme epSOS, "un projet d’interopérabilité dans le domaine de l'eSanté cofinancé par l’Union Européenne et qui a pour objectif de mettre en place une opération pilote à grande échelle de services transfrontaliers. Le NCP (National Contact Point, ndlr), qui connecte le système luxembourgeois au réseau epSOS, a été installé sur la plate-forme eSanté opérée par EBRC".

"Par ailleurs", ajoutait-t-il, "le Grand-Duché a organisé en 2015 le Connectathon, un congrès technique très visible sur le plan européen qui rassemble 300 entreprises du secteur de la santé". Le Connectathon IHE (Integrating the Healthcare Enterprise) est une plate-forme de test d'interopérabilité. A l'occasion de cette manifestation, les éditeurs démontrent, de façon pratique, que les flux qu'ils produisent respectent bel et bien la spécification IHE, une initiative des professionnels de la santé destinée à améliorer la façon avec laquelle les logiciels du domaine échangent leurs informations".

 

Standards, normes et meilleures pratiques : la sécurité au service de la digitalisation des services de santé

"Non seulement les modalités de stockage et d'accès à l'information respectent le standard IHE", précise Michel Ackerman, "mais la norme de sécurité PCI-DSS Level 1 a été transposée par nos soins du monde financier au secteur médical - l'idée étant de promouvoir la plate-forme eSanté comme un véritable coffre-fort des données de santé - sans oublier la prise en compte des standards ISO 27001 pour la sécurité de l'information, CSA pour le Cloud et Tier IV pour le Data Centre".

"La plate-forme – en particulier dans le cadre du DSP - est ainsi résolument Patient Centric : c'est le patient qui détient les clés et les droits. C'est lui qui définit son cercle de confiance, qui peut accéder, en tout ou en partie, à son dossier, ou qui déclare s'il refuse d'être donneur d'organes".

"A travers le consortium qu'EBRC a constitué avec SQLI, la couche applicative de la plate-forme bénéficie également des meilleures pratiques et des standards les plus élevés : SOA, SSO, ou encore LuxTrust. La plate-forme eSanté peut donc être un tremplin idéal pour tout acteur qui désire mettre sa solution à la disposition du secteur".

Une plateforme de soins de santé interopérable et sécurisée

"L'élasticité de la solution qui a été mise en place permet à d'autres acteurs de s'intégrer facilement à la plate-forme", résume Yves Reding. "L'écosystème pourtant complexe du secteur de la santé peut désormais se réunir autour d'une plate-forme unique sécurisée et fédératrice des soins de santé qui constitue un véritable accélérateur au profit du patient et de la communauté".

Le projet est international par essence : il tient compte d'éléments propres au contexte luxembourgeois comme le multilinguisme, le grand nombre de travailleurs frontaliers ou la présence d'une communauté portugaise qui dépasse le cadre de la Grande Région. Ce contexte particulier au Luxembourg a conduit les créateurs de la plate-forme eSanté à dialoguer, discuter et échanger de l'information avec l'Allemagne, la France et la Belgique. Au-delà des 530.000 habitants que compte le Luxembourg, le nombre total de patients potentiels que le projet doit adresser est de 1.800.000 si l'on intègre les frontaliers de la Grande Région, sans compter l'importante communauté portugaise, ce qui inscrit d'emblée le projet, et le savoir-faire qu'il a nécessité, dans le cadre de la Grande Région et est propice à son exportation éventuelle à l'échelle européenne.

"L'ambition d'EBRC ne se limite pas à construire un projet fédérateur à Luxembourg mais aussi d'exporter le savoir-faire acquis et, pourquoi pas, de reproduire le même schéma que dans le monde bancaire et bâtir en quelque sorte un écosystème de Professionnels du Secteur de la Santé", conclut le CEO d'EBRC

 

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