Réussir sa transformation digitale, un enjeu de sécurité

À l’heure où la donnée, le carburant d'une nouvelle ère digitale, bouleverse les écosystèmes et l’ensemble des business modèles, la Cybersécurité est un facteur clé pour le développement des entreprises et des économies.

Il y a quelques semaines, EBRC – European Business Reliance Centre – annonçait une alliance avec Digora, spécialiste en gestion de données, renforçant ainsi ses compétences et son champ d'actions. Dans une ère de transformation digitale, qui s'étend désormais à tous les secteurs d'activité, les données sont considérées comme le pétrole du XXIème siècle. Rencontre avec Yves Reding, CEO d'EBRC, pour évoquer gestion, protection et valeur de la donnée.

« Aujourd'hui, la digitalisation est croissante et exponentielle. Elle touche tous les secteurs d'activités : la banque, la finance, le secteur hospitalier, les cabinets d’avocats, etc. Cette disruption est présente partout » débute Yves Reding. Pour le CEO d'EBRC, digitalisation rime avec experts spécialisés. En effet, « l'IT est désormais incontournable. Les entreprises capitalisent ainsi sur des compétences allant de la transformation digitale à la Cybersécurité ». Car en plus de cette tendance générale que l'on qualifie de digitalisation, on décèle un nombre croissant d'incertitudes et de risques de cyberattaques. Et quand les géants technologiques proposent des offres globales et donc standardisées, EBRC, depuis 17 ans, mise sur le local, avec un focus tout particulier sur la proximité, avec la compréhension du client et de ses besoins comme atout principal. « La vision d'EBRC ? Devenir un centre d'excellence et de confiance en Europe » précise Yves Reding.

Vers l'établissement d'un marché numérique européen unique ?

L'Europe, justement, reste le plus grand marché en termes de nombre de consommateurs et les continents affichent clairement des valeurs et des positionnements différents. Preuve en est, la mise en application, en mai 2018, du RGPD (Règlement Général de la Protection des Données, « véritable changement de paradigme » selon Yves Reding. Il précise : « Auparavant, il était quasiment impossible de modifier ou retirer les informations personnelles postées sur Internet. Le droit à l'oubli, imposé par l'Europe, est un changement important. Il faut également souligner l'entrée en application, avec le RGPD, de l'accord explicite de l’utilisateur pour le traitement de ses données à caractère personnel ». Cependant, il n'existe toujours pas de marché numérique unique en Europe. Yves Reding souligne également l'importance des discussions autour de la Cloud Initiative, visant notamment à faire émerger les acteurs du Vieux Continent qui partagent des valeurs européennes et mettent en avant « l'or noir » qu'est la donnée et qui, à l'heure actuelle, est encore trop peu souvent valorisée et exploitée en Europe. « Un objectif majeur pour l'UE, et il ne s'agit pas uniquement de politique ou de culture mais bien de macroéconomie » précise le CEO d'EBRC. Sa société est justement très axée sur la protection des données et sur leurs valeurs européennes. « Avec 400 clients à l’international, l'exposition d'EBRC est importante. Cependant notre centre d'opération reste localisé au Luxembourg. Nous avons donc opté pour une stratégie de croissance externe, avec la recherche d'un partenaire ayant la même vision européenne et misant également sur le développement durable et sur l'humain : ce premier partenaire, c'est Digora » explique Yves Reding. La société dont le siège social se trouve à Strasbourg, avec des antennes à Paris, Lille, Rennes, Toulouse, Lyon et Bordeaux, est également présente à Rabat au Maroc et au Luxembourg.

Les données, éléments clés à maîtriser

« Il est primordial pour les sociétés de collecter et de gérer efficacement les données, ce volet très complexe que l'on retrouve dans les bases de données, qui supportent les applications. Hypersensibles, celles-ci doivent être sécurisées et il est tout aussi important de mettre à disposition des entreprises une organisation compétente et une infrastructure agile afin que les clients puissent, à leur tour, les exploiter et en tirer toute leur valeur » note Yves Reding. Grâce à cette alliance avec un spécialiste de la gestion de la donnée tel que Digora, EBRC renforce considérablement son offre, ajoute de nouvelles compétences de proximité reconnues par des certifications relatives au secteur, et contribue à renforcer un niveau de maturité dans les services spécifiques de la marque luxembourgeoise. Que ce soit avec le Big Data, l’IoT ou l’avènement de l'Intelligence Artificielle, ce sont autant de nouveaux marchés qui s'ouvrent à cette alliance stratégique tant dans le stockage, le traitement, que la protection des données très convoitées au regard croissant des cyberattaques dont elles font l’objet. « Aujourd'hui, la vraie valeur ajoutée réside dans la proximité et l’intimité avec le client, dans le but de s’imprégner de ses enjeux et de son business. Pour comprendre nos clients, il est également nécessaire de se doter de nouveaux profils de compétences, et ceci pas uniquement dans la technologie » souligne Yves Reding. Le marché est en perpétuelle évolution et il peut être difficile d'anticiper ces transformations. Pour le CEO d'EBRC, « il faut faire preuve d'esprit d’analyse, être proactif, passer en revue et écouter le marché, puis saisir les opportunités qui s'offrent à vous ». Son souhait ? Etre le seul acteur à pouvoir servir le client grâce à ce puzzle et cet écosystème de compétences, en interne, mais également à travers des alliances telles que celle conclue avec Digora.

Le Luxembourg, place de référence dans la protection des données

Pour Yves Reding, le digital de demain, c'est capitaliser sur ce savoir-faire et faire preuve d'agilité pour délivrer les services IT. « Il est donc important d'avoir les compétences dans notre pays. Le Luxembourg reste tout d'abord une place financière – la première dans la zone Euro en termes de banque privée, et la deuxième, après les Etats-Unis, pour les fonds d'investissements – et le secteur ICT en dépend fortement » analyse Yves Reding. Le Luxembourg a gagné ses lettres de noblesse en étant au cœur des services ICT des institutions européennes, de la banque et de bien d'autres secteurs d’activités. Dès lors, pour conserver une taille critique, il est primordial d’avoir des centres informatiques de premier plan au Grand-Duché. « Il s'agit d'une période charnière pour le Luxembourg, qui doit capitaliser sur ses forces intrinsèques que sont son secteur financier, sa créativité, sa capacité à légiférer rapidement, et plus particulièrement son expertise dans la gestion de données sensibles et confidentielles ». En période de transition entre un ancien monde et une ère digitale, un atout demeure : notre savoir-faire dans la confidentialité des données, leur protection et leur sécurisation. Qui mieux que le Luxembourg pour prévenir et gérer les risques dans un monde de plus en plus digital ?